Séisme en Haïti : Bioforce et son partenaire RedR se mobilisent pour renforcer les compétences des acteurs locaux

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Le 12 janvier dernier, un tremblement de terre dévastait Haïti. Bioforce et son partenaire britannique RedR ont immédiatement décidé d’associer leur expertise et leur expérience dans un programme de « Soutien aux Opérations humanitaires de Réponse aux Catastrophes » (« Disaster Response Support Service »). Ce type d’intervention est né de l’expérience de nos équipes à la suite du tsunami de 2004, du tremblement de terre au Pakistan en 2005 ou encore du cyclone Nargis en Birmanie en 2008. Son objectif est simple : renforcer les capacités et les compétences des populations victimes de tragédies à reprendre leur vie en main et à participer aux programmes internationaux les concernant.

1ère phase d’intervention : évaluer les besoins

Une équipe composée de Jean-Philippe Lezeau, expert Logistique & Technique de Bioforce et Margaret Heraty, experte logisticienne RedR est partie sur place du 2 au 22 février pour conduire une mission d’évaluation des besoins. « Les opérations d’aide sont encore en phase d’urgence, et il a commencé à pleuvoir un peu chaque jour, ce qui ajoute au sentiment d’urgence. Chaque étape de l’intervention sera très longue en raison de l’ampleur de la catastrophe » souligne Jean-Philippe Lezeau. 217 000 morts, entre 350 et 500 000 personnes blessées, plus de 700 000 personnes sans abris : l’ampleur des besoins a conduit à un afflux massif d’organisations humanitaires (plus de 900 dans le pays actuellement), et pour les ONG déjà présentes, à un important renforcement des équipes. Les ONG constatent toutes une pénurie de personnels haïtiens formés, beaucoup ayant payé un lourd tribut lors du séisme.

En rencontrant les différents acteurs humanitaires haïtiens ou internationaux employant des Haïtiens, cette mission a permis de dresser un état des lieux des appuis nécessaires en termes de formation ou de coaching. Dans cette phase d’intervention d’urgence, toutes les organisations rencontrées ont exprimé des besoins en formation de leur personnel, principalement dans les domaines logistiques (formation de chauffeurs, gestion de parc véhicule, gestion des entrepôts, distribution, mais aussi gestion de camps) ou management (gestion de projet, ressources humaines, finances, sécurité). Pour Baptiste Burgaud, diplômé Bioforce actuellement coordinateur du Cluster Logistique des Nations Unies en Haïti : « la formation ne doit pas attendre, elle doit commencer maintenant ».

Mettre en œuvre la réponse : depuis le 22 février, une équipe Bioforce/RedR est sur place

Bioforce et RedR ont immédiatement envoyé une équipe opérationnelle composée de Rachel Searle, chef de mission, et de Philippe Gilles, coordinateur de formation (diplômé Bioforce en logistique et eau/assainissement). Leur mission, d’une durée de 2 mois, est de conduire les formations prioritaires et de préciser auprès des ONG internationales et haïtiennes les besoins en formation, qui devraient évoluer avec le passage en phase de post-urgence (des formations liées à l’eau et l’assainissement pour les personnels humanitaires travaillant sur les camps sont d’ores et déjà programmées). L’équipe sera renforcée très rapidement de formateurs experts en finances/administration, sécurité, eau et assainissement et construction. Comme l’évaluation, cette deuxième phase est financée par des contributions individuelles, le Ministère des Affaires Etrangères et les partenaires de RedR, pour un total de 170.000€. Les premières sessions de formation sont en cours, notamment pour les chauffeurs de l’organisation irlandaise GOAL, pour Tearfund, Save the Children, Action Contre la Faim ou Aide Médicale Internationale. Bioforce/RedR privilégient une approche axée sur des formations courtes (1 ou 2 jours), très opérationnelles et directement sur le lieu de travail, accompagnée d’un coaching individuel.

Au-delà de l’urgence, poser les bases de la reconstruction

L’équipe actuellement sur place a également pour objectif de jeter les bases d’actions futures qui devront offrir aux populations affectées les moyens de contribuer eux-mêmes à la reconstruction et au développement de leur pays. Bioforce envisage notamment un programme de formation, élaboré avec un ou plusieurs partenaires haïtiens, comme celui mené au Sri Lanka après le Tsunami de 2004, où 1000 jeunes maçons et charpentiers avaient été formés en partenariat avec la Chambre sri lankaise des Industries de la Construction (projet soutenu par la Croix Rouge Française).