Paris, le jeudi 19 Mars 2011. Mercredi 18 mai, le ministre de la Coopération Henri de Raincourt a invité plusieurs membres de la société civile pour la présentation du rapport sur la redevabilité portant sur « les engagements du G8 en matière de santé et de sécurité alimentaire ». Les organisations membres de l’Action mondiale contre la pauvreté (AMCP) et de Coordination SUD déplorent le manque de transparence de ce rapport sur le fond et la forme.
Si des réunions préparatoires ont été organisées entre gouvernement et société civile, aucun document de travail, ni le projet de rapport, n’ont été remis aux ONG et syndicatsen amont de cette rencontre, réduisant ainsi toute possibilité de discussion sérieuse sur le contenu du rapport.
D’autre part, alors qu’il est censé faire état des efforts qui ont été entrepris pour mettre en œuvre les engagements du G8, les ONG et syndicats réaffirment les points faibles du rapport :
1. La méthodologie du rapport, calquée sur celui de Muskoka de 2010, reste très défaillante. « L’aide comptabilisée dans le domaine de la santé et de la sécurité alimentaire inclut des financements qui ne devraient pas y figurer, gonflant ainsi artificiellement les chiffres » explique Isabelle Brachet, chargée de mission G8G20 chez Peuples solidaires/ActionAid.En outre, les engagements pris et la façon de comptabiliser l’aide octroyée diffèrent d’un pays à un autre, rendant impossible toute comparaison entre les performances des États. Les chiffres de l’aide publique au développement (APD) portent également à confusion. Les montants en dollars courants laissent à penser que les engagements de Gleeneagles de 2005 (50 milliards supplémentaires d’APD) seraient presque atteints ce qui, selon les chiffres l’OCDE, est loin d’être le cas.
2. Les manquements des États du G8 à leurs engagements sont flagrants. L’initiative de L’Aquila pour la sécurité alimentaire ne semble pas avoir généré une augmentation significative de l’aide à l’agriculture. « De même, l’accès universel au traitement du VIH devait être atteint en 2010. Aujourd’hui, deux personnes sur trois meurent toujours, faute de traitement, et le G8 n’a pas prévu de calendrier pour cet engagement qui date de 2005 » rapporte Marie Yared, chargée de plaidoyer international chez AIDES. Enfin, l’engagement d’Heiligendam sur l’éducation des jeunes filles en santé sexuelle et reproductive est totalement oublié.
3. Les recommandations finales du rapport manquent de volonté politique. « Rien n’assure que ce rapport sera renouvelé annuellement, ce qui permettrait un réel suivi des engagements. De plus, les recommandations finales restent très générales, sans vision politique et la planification en lien avec le Forum de Haut Niveau sur l’efficacité de l’aide à Busan ne sont pas clairement établis » souligne Annick Jeantet, responsable plaidoyer chez Avocats pour la santé dans le monde (AfGH).
Même si les organisations membres de Coordination SUD et de l’AMCP saluent de petites avancées, ce rapport reste insuffisant au regard de ce que les citoyens pourraient attendre concernant la réalité des engagements des membres du G8 et de leur aide au développement dans des domaines essentiels.
Coordination SUD et l’AMCP demandent aux pays membres du G8 de réviser la méthodologie du rapport en clarifiant les outils financiers utilisés et les bénéficiaires de l’aide, en s’assurant de la manière dont les sommes recensées ont effectivement été dépensées, en systématisant sa parution chaque année, et en créant des indicateurs fiables qui permettraient d’effectuer un suivi réel des engagements et de leur impact sur le terrain, impossible à ce jour.
Voir le document de position Coordination SUD – AMCP pour la présidence françaisedes G8 et G20
Contact
Aude Lefebvre
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