Lutte contre le changement climatique : La solidarité internationale s’impose à Cancun

16e conférence des Nations unies sur le changement climatique le 11 décembre 2010

A Cancun, la « méthode mexicaine » unanimement saluée a restauré la confiance dans le processus onusien, seul cadre permettant de prendre en compte les pays les plus vulnérables dans les négociations sur le changement climatique. Alors qu’il y a quelques jours, le pessimisme était de rigueur, le texte final donne une place aux pays du Sud et ouvre la voie vers un accord ambitieux et – on l’espère – contraignant à Durban en 2011.

Des avancées pour les pays du Sud et la solidarité internationale

Le Sommet de Cancun crée un cadre international sur l’adaptation au changement climatique et répond ainsi aux attentes des pays du Sud. L’adaptation devient une priorité au même titre que les objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre. « C’est une avancée symbolique importante pour les pays les plus vulnérables, signale Anne Chetaille du Gret, chef de file de la commission Climat et développement de Coordination SUD. Les fondations sont posées mais l’essentiel reste à construire pour traduire au plus vite ces engagements en actions sur le terrain. »
Cancun donne un nouvel élan au mécanisme REDD+ de lutte contre la déforestation dans les pays du Sud. Des « garde-fous » sociaux et environnementaux sont définis pour que les populations vulnérables dont la survie dépend des forêts soient prises en compte dans la mise en œuvre de ce mécanisme.

Un texte muet sur l’agriculture

L’agriculture, c’est 13% des émissions de gaz à effet de serre, des centaines de millions de personnes qui dépendent des agricultures paysannes affectées par les effets du changement climatique et un facteur clé du développement et de la lutte contre la pauvreté. Mais l’agriculture, c’est aussi des intérêts commerciaux de taille. « Grande absente du texte de Cancun, l’agriculture est une victime collatérale du compromis » estime Patrice Burger du Cari, membre de Coordination SUD. Les pays agricoles, comme l’Uruguay, le regrettent, les ONG le déplorent, et tous demandent d’aborder sérieusement le sujet avant le sommet de Durban en 2011.

Qui va payer l’addition ?

Cancun réaffirme et concrétise les engagements pris à Copenhague : 100 milliards de dollars de financements à mobiliser d’ici 2020, la création d’un Fonds vert climat avec une gouvernance équilibrée entre pays du Nord et pays du Sud, et un accès prioritaire pour les pays les plus vulnérables. Mais la question des sources de financements, et notamment des mécanismes innovants reste entière. « Il y a une addition à payer de 200 milliards de dollars sur le climat, rappelle Romain Benicchio d’Oxfam France, membre de Coordination SUD. Si les pays riches ne la paient pas au plus vite en cash, ce seront les populations du Sud qui la paieront, très cher, sur le terrain. »

Cette question des financements innovants pour le développement et le climat sera à l’ordre du jour du prochain G20 sous présidence française en 2011. La France aura la responsabilité d’assurer le leadership sur cette question avant Durban afin que les avancées symboliques de Cancun ne restent pas des chimères.

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Marie Bessières
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