« L’éducation des européens aux questions de développement est fondamentale et nous devons intensifier nos efforts afin, non seulement de créer un soutien général pour le développement, mais aussi un véritable engagement de la part des citoyens européens. Nous pouvons avoir un réel impact sur les attitudes et les perceptions, et je suis prêt à soutenir des actions en faveur de cet objectif« . En quelques mots Andris Piebalgs, Commissaire européen au développement, a donné une vision ambitieuse de l’Education au développement ce mardi 30 août en ouvrant la première audition consacrée à ce sujet, devant des membres du Parlement Européen, à Bruxelles.
Invités par le Comité sur le Développement en association avec le sous-comité sur les Droits humains du parlement, experts, représentants gouvernementaux, membres d’ONG, tous ont partagé un état des lieux autour de plusieurs constats.
D’une part, avec 49 milliards d’euros vers 160 pays, territoires ou organisations, l’aide publique au développement (APD) de l’Union européenne représente 55% de l’aide mondiale ce qui en fait la plus importante politique de coopération au développement dans le monde. D’autre part, c’est aujourd’hui, le soutien le plus actif à l’Education au développement avec 30 millions d’euros via le dispositif d’EuropeAid. En revanche il n’y a toujours pas de stratégie européenne dans ce domaine. Et l’enjeu est de taille. Alors que 9 Européens sur 10 soutiennent largement les politiques de développement social, seuls 4% s’engagent activement par le bénévolat.
Déjà des avancées sont perceptibles comme le rappelle Tobias Troll, responsable de plaidoyer pour DEEEP, (réseau européen d’associations de lutte contre la pauvreté), « de plus en plus de pays européens se dotent d’une politique d’Education au développement. Récemment, l’Espagne, le Portugal et la République tchèque ont mis en place des stratégies nationales, d’éducation au développement (EAD) et de sensibilisation».
Et pour Rilli Lappalainen, directeur de la plate-forme des ONG finlandaises Kehys, membre du réseau européen CONCORD, » le temps est venu pour construire une politique de développement de l’éducation européenne qui créé des citoyens européens plus conscients des enjeux internationaux. Il faut enseigner l’histoire de l’immigration, les enjeux de pauvreté et des inégalités mondiales. Cette première audience est une étape importante dans la création d’une stratégie européenne d’EAD ».
En conclusion, Filip Kaczmarek, parlementaire européen et président de la session, a précisé : «l’éducation au développement joue un rôle très important dans l’éradication de la pauvreté et la promotion du développement durable. Il renforce le soutien à l’engagement actif des citoyens au niveau local et mondial pour promouvoir la justice, les droits humains et le développement durable« .
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