Journée internationale du bénévolat et du volontariat : Pour la mise en œuvre d’un service civique

CNAJEP le 08 décembre 2008

Où en est-on de la mise en œuvre d’un service civique pour les jeunes ? En cette journée internationale du bénévolat et du volontariat, la question se pose avec une acuité particulière. L’actualité de la crise semble en effet avoir relégué les questions d’engagement au second rang des préoccupations politiques. Au risque d’ajouter à l’urgence économique et sociale une autre urgence, citoyenne celle-là.

En avril 2008, le Chef de l’Etat confiait à Luc FERRY, président délégué du conseil d’analyse de la société, une mission sur le thème du service civique. Les analyses et propositions du rapport remis au Président de la République le 10 septembre dernier nous paraissaient être d’excellentes bases de réflexions et de débats sur la mise en œuvre d’un service civique porteur de sens pour la société.

Le rapport Ferry serait-il aujourd’hui lettre morte ?

La discrétion qui entoure actuellement la question du service civique pourrait le laisser croire. Et les déclarations parcimonieuses du Gouvernement ne sont pas pour apaiser nos inquiétudes : le dispositif serait proposé dans un premier temps à titre expérimental et sa mise en œuvre ne serait pas effective avant 2010. Les ambitions initiales semblent donc avoir été revues à la baisse.

Cette situation est d’autant plus préoccupante que le Projet de loi de finances 2009 prévoit un assèchement des crédits affectés aux dispositifs de volontariat, et une stagnation à un niveau dérisoire des fonds alloués à la formation des bénévoles. La promotion de l’engagement citoyen, notamment des jeunes, semble donc ne plus figurer au registre des priorités gouvernementales.

Pourtant, les difficultés liées à la crise actuelle ne sauraient justifier de faire l’impasse sur les questions de participation, d’engagement, de citoyenneté, de solidarité. Sans quoi, à la crise économique et sociale risque de se greffer une crise démocratique et citoyenne aux effets tout aussi préoccupants.

Nous en appelons par conséquent à la mise en œuvre d’une réelle politique de promotion et de reconnaissance de l’engagement des jeunes et à la relance d’un débat élargi sur les modalités d’un service civique. Cet enjeu, parce qu’il engage l’ensemble de la société dans une nouvelle relation de confiance avec sa jeunesse, doit en effet être partagé par le plus grand nombre.

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