G20 Agricole : bilan du plaidoyer

le 30 juin 2011
Crédits: Karin Jonsson / Europe Aid

À l’heure où les prix alimentaires connaissent de nouveau une hausse vertigineuse, la présidence française du G20 fait une large place dans ses débats à la sécurité alimentaire. Le thème revient plusieurs fois à l’agenda, tant sous l’angle du développement que sous l’angle de la volatilité des prix des matières premières. Cette question a fait l’objet d’un G20 ministériel le 22 et 23 juin 2011 en préparation du G20 de cannes en novembre.

Depuis six mois, le collectif AMCP/Coordination SUD est en interlocution avec les ministères de l’Agriculture et des Affaires Étrangères pour faire entendre son point de vue sur ce sujet [1]. Une rencontre a eu lieu avec les sous sherpas des pays du G20 le 12 mai et deux rendez vous avec Bruno Le Maire ont permis des discussions approfondies. Plusieurs réunions courantes avec les équipes du ministère de l’Agriculture – avec qui Coordination SUD échange depuis maintenant 10 ans – ont été l’occasion d’échanges techniques et honnêtes.

Au sortir du sommet ministériel de ces derniers jours les travaux et actions de Coordination SUD et de l’AMCP n’ont pas eu toute la portée qu’ils méritaient. Le G20 s’est enfermé dans sa logique de renforcement de la production et de la productivité au profit des intérêts agro-industriels et des marchés financiers et au détriment de la petite agriculture paysanne(Voir le communiqué de Presse du 23 juin). L’importance du secteur agricole pour certains pays émergents[2], les choix radicaux faits, que ce soit en terme d’investissements pour booster les capacités d’exportation ou pour répondre à leurs besoins en importations, fait de la régulation des marchés agricoles un sujet brûlant sur lequel le consensus s’avère très difficile.

Toutefois le travail d’influence ne s’arrête pas aux réunions ministérielles, il se poursuit dans la perspective du sommet du G20 de novembre 2011. L’internationalisation des démarches de Coordination SUD et le partage avec les sociétés civiles des pays émergents prendra tout son sens et permettra de faire avancer le débat sur plusieurs fronts et notamment dans les pays du Sud eux-mêmes.

 


[1] Voir le document de position

[2] Brésil, Chine et Inde