Brésil : forêts menacées, populations en danger

Actualité

En plein débat sur la réforme du Code forestier au  Brésil, le système d’alerte sur la déforestation (SAD) d’Imazon confirme une  nouvelle accélération de la déforestation en Amazonie (+72% en mai 2011 par  rapport à mai 2010). Plus inquiétant encore : le nombre croissant de menaces de  mort et d’assassinats de leaders paysans qui luttent contre l’exploitation  illégale du bois et pour une utilisation durable des forêts par les  communautés.

Entre 1985 et 2010, 1 186 cas  d’assassinats ont été enregistrés par la CPT. Ces événements confirment les menaces  qui continuent à peser sur tous ceux qui s’opposent à la mise en coupe réglée  de l’Amazonie au profit des grands propriétaires latifundistes de bétail ou  plus récemment de la production mécanisée de soja, en enrichissant au passage  les entreprises qui pillent la forêt en produisant du bois illégal.

Cette situation inquiétante  s’est accélérée lors du débat sur la réforme du Code forestier dès le mois  d’avril. Largement soutenu par l’agrobusiness, le projet de loi est jugé  laxiste et perçu comme un très mauvais signal par les environnementalistes. Il exonère  les propriétaires de parcelles inférieures à 400 hectares de l’obligation de  reboiser les parties d’Aires de réserve légale déboisées avant juillet 2008, et  réduit les dimensions légales des Aires de protection permanente lorsqu’elles  ont été défrichées avant juillet 2008. Mais surtout il amnistie les auteurs des  peines et amendes encourues pour défrichements ayant eu lieu avant juillet  2008. Pourtant, sous le gouvernement Lula, le Brésil s’était distingué pour ses  nombreux efforts déployés pour améliorer la gestion durable de ses forêts. On  attendait donc particulièrement le Brésil en cette Année internationale des forêts,  ce même Brésil qui accueillera le prochain Sommet de la Terre en 2012 (Rio+20).

Alors que le projet de loi  doit encore passer au Sénat, le Gret, qui agit au Brésil depuis 1989 pour une  gestion durable des forêts par ses habitants, relaie l’alerte de ses  partenaires de la société civile brésilienne. Gageons que l’Etat saura trouver  les arguments pour convaincre les sénateurs des risques posés par le projet de  loi actuel, et surtout, que l’Etat saura protéger les populations rurales et  mettre fin à ce climat de danger qui porte gravement atteinte aux droits de l’Homme.

Lire l’article intégral: http://www.gret.org/ressource/pdf/article_forets-bresil_jfk_210711_vf.pdf