A l’occasion du Sommet mondial sur la sécurité alimentaire à Rome, Bruno Lemaire, ministre français de l’Agriculture et Guilherme Cassel, ministre Brésilien du développement agraire, ont annoncé le 17 novembre la préparation d’une tribune sur l’initiative France Brésil pour une nouvelle politique mondiale pour l’agriculture et l’alimentation.
L’initiative bilatérale France-Brésil permettra de répondre à la nécessité d’un programme cohérent pour la réforme du CSA. Trois thèmes principaux, discutés au sein de groupes techniques communs, permettront de définir des mesures concrètes à mettre en oeuvre :
Bruno Lemaire a souligné l’importance de garantir la cohérence des politiques "pour une indépendance alimentaire des Etats et pour lutter contre la faim". La France se dit satisfaite de la déclaration du sommet de la FAO mais considère qu’il faut "aller plus vite et plus loin". Comme il est précisé dans les engagements et mesures à prendre par les Etats, "la France tiendra ses engagements promis à Rome en juillet dernier (1,5 milliard d’euros), tout comme elle l’a fait pour l’APD". A ce sujet, plusieurs journalistes ont interpellé le ministre sur ce montant qui n’est pas à la hauteur des engagements pris par la France (0,5%), qu’elle a pourtant réaffirmés en adoptant lundi, la récente déclaration du sommet de la FAO.
Lors d’une rencontre entre des ONG françaises membres de Coordination SUD (Oxfam France Agir Ici, Peuples Solidaires, CCFD, AVSF et ACF) et Bruno Lemaire lundi 17 novembre, le ministre a souligné la nécessité de décaisser avant la mise en œuvre, de trouver des bonnes procédures (comme l’initiative France, Brésil), de permettre plus d’ouverture en matière de coopération technologique avec les pays en voie de développement et de trouver des consensus en matière de nouvelles technologies et d’OGM.
Les ONG ont salué l’initiative France-Brésil mais ont souligné le manque de volonté de la Communauté internationale. La déclaration FAO vis-à-vis du Partenariat Mondial leur semble décevante, et risque d’être une coquille vide si des moyens et un calendrier ne sont pas fixés. Les réflexions issues de l’initiative doivent être répercutées dans les autres événements internationaux, notamment à l’OMC et à Copenhague. Enfin, il est nécessaire de mettre en place des mécanismes de suivi des engagements.
Bruno Lemaire a rappelé que c’est ce type d’initiative bilatérale qui peut permettre d’entraîner la Communauté internationale. Par rapport à l’OMC, il est clair que les produits agricoles ne peuvent pas être traités comme les autres produits. Le Ministre s’est dit prêt à revoir les ONG pour préparer la prochaine réunion Interministérielle de Genève.
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