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Femme et Rrom en France : 4 grossesses en moyenne par femme, mais seuls 2 enfants nés vivants8 MARS, Journée Internationale de la Femme
« On a cru comprendre qu’elle ne voulait pas le garder » Mme D., mère de deux enfants, nous aborde sur le terrain de Seine-Saint-Denis. Elle nous demande de lui traduire les papiers que lui a remis un centre de santé. D. nous raconte que pensant être enceinte et craignant une fausse couche, elle s’y est rendue pour vérifier sont état. Elle nous montre une ordonnance pour une échographie et un rendez-vous pour une IVG. Nous lui traduisons les dates et les lieux de rendez-vous en lui demandant si cela allait être sa première IVG. D devient livide. Elle nous explique qu’elle n’a jamais demandé d’IVG et qu’elle souhaite garder le bébé. Interloquées, nous appelons le service de santé qui nous rétorque : « mais ces femmes là, elles ne parlent jamais français, comment voulez-vous qu’on se débrouille ? Elles n’ont qu’à venir avec un interprète ! Comme elles viennent souvent chez nous pour avorter, on a cru comprendre qu’elle ne voulait pas le garder. » En région parisienne, Médecins du Monde est intervenu cette année principalement en Seine-Saint Denis auprès de deux groupes Rroms. En un an, les équipes y ont effectuées 60 sorties obstétriques et 40 sorties pédiatriques auprès de 115 enfants. Les entretiens de suivi de grossesse ont permis de recueillir des indicateurs révélateurs de la situation de ces femmes. En 2007, les femmes Rroms rencontrées par les équipes de MdM en Seine Saint-Denis avaient : DES DIFFICULTES D’ACCES AUX SOINS Les complexités administratives, le manque d’informations adaptées et les expulsions privent les femmes d’un suivi de grossesse régulier. Au-delà, la situation d’extrême dénuement économique et socio-éducatif dans laquelle se trouvent ces femmes renforce leur méconnaissance des moyens contraceptifs. Un manque d’information qui les conduit souvent à recourir à l’IVG. A cela s’ajoute les pressions régulières des forces de l’ordre mais aussi les discriminations dont elles sont victimes quotidiennement : . La multiplication des expulsions crée une instabilité sociale peu propice à une démarche préventive. . Le harcèlement policier freine les femmes Rroms dans leurs démarches vers les structures de santé. . Les structures de santé ne sont, pour la grande majorité, pas adaptées aux populations précaires, notamment aux femmes Rroms (pas de recours aux interprètes, actes de discrimination, protocoles trop rigides). . L’ouverture aux droits à une couverture maladie est difficile, en particulier en l’absence de domicile. DEMANDES CONCRETES POUR AMELIORER LA PRISE EN CHARGE DES FEMMES RROMS DONT : . Assurer le suivi des femmes Rroms à domicile, comme pour les autres femmes. . Systématiser le recours à l’interprétariat dans les structures de soins et services publics. . Lutter contre les discriminations dans les services publics et mettre fin au harcèlement policier dont les Rroms sont victimes . Mettre fin à toute expulsion sans solution de relogement en particulier pour les femmes et les enfants. . Donner accès à des couches et du lait pour bébé gratuits ou à très bas coût et ne pas criminaliser la mendicité des mères allaitantes avec bébé. Plus d’informations : www.medecinsdumonde.org Documents à télécharger |
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